Le coeur battant de nos mères

Brit Bennett

Autrement

  • Conseillé par
    8 octobre 2017

    Rattrapée par le passé

    Si les Français estiment la plupart du temps que l’écriture ne s’apprend pas, les Américains, eux, suivent avec décontraction ateliers et cours universitaires pour devenir romanciers. Puis entrent en ligne de compte le talent, le don, un regard qui marqueront la différence entre un écrivain et un écrivaillon. Brit Bennett, diplômée de littérature de Stanford, appartient, sans l’ombre d’un doute à la première catégorie. Son roman, « Le cœur battant de nos mères », une trouvaille des éditions Autrement, a été unanimement célébré par la presse anglo-saxonne.

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  • Conseillé par
    5 septembre 2017

    Premier roman réussi...

    Nadia est belle et intelligente, elle va entrer à l'Université, elle a 17 ans et la vie s'ouvre à elle comme un cadeau... Sa mère se tire une balle dans la tête, Nadia est enceinte, Luke paie, mais se détourne. La vie est un drame. A travers cette histoire fort bien contée, avec tendresse et humour, c'est celle des femmes que je lis entre les lignes, celles des mères qui veulent éviter à leurs filles de rencontrer des salauds...
    « Mais, les filles n’écoutent pas leur mère, jamais. » Et pourtant, la grande leçon de ce roman (1er roman écrit par une jeune diplômée de littérature âgée de 27 ans et salué par la critique américaine) c’est justement qu’il faudrait s’inspirer des messages de nos mères pour ne pas faire les mêmes erreurs qu’elles.

    Le décor : la communauté noire et religieuse du sud de la Californie, trois personnages s’aiment, se déchirent, s’admirent, se détestent mais toujours se cherchent au détour d’un secret dévoilé en tout début de texte. Durant une dizaine d’années, nous suivons les sentiments et les errances de Nadia, Luke et Aubrey : Nadia a eu une brève relation avec Luke avant de devenir la meilleure amie d’Aubrey qui épousera quelques années plus tard Luke (qui ignore les liens qui unissaient Nadia et Luke). Enceinte, Nadia avait fait le choix de l’avortement et ce secret a changé le cours de sa vie, celle de Luke, puis d’Aubrey. Amour et amitié, où commence l’un, où finit l’autre ?
    Mais au-delà de cette situation tragique et vécue comme telle par nos trois personnages, mais également toute une communauté bien pensante, c’est le destin des filles et des femmes qui subissent depuis des générations le pouvoir des hommes, mais également l’hypocrisie de la société, sans réellement trouver de réponses à leurs questions. Luke est fils de pasteur mais ses parents paient pour l’avortement. Et tout autour de ce secret, plus ou moins bien gardé, chacun ira de son commentaire. Si l’histoire est contemporaine, on sent bien que de vieilles croyances sont toujours bien présentes. Se greffe également sur le texte, le sujet glaçant du racisme mais sans être réellement développé par l’auteur, peut-être volontairement n’est-il qu’effleuré ?
    Ce qui me touche tout particulièrement, c’est au final la solitude implacable de Nadia, belle et rebelle, mystérieuse, avocate reconnue qui multiplie les aventures amoureuses mais sera toujours en quête de comprendre pourquoi sa mère s’est suicidée et l’a abandonnée.


  • 24 août 2017

    Grandir seules

    A dix-sept ans, la belle et provocante Nadia découvre qu’elle est enceinte de Luke, son amant, fils du pasteur. Elle choisit d’avorter, portant seule sa décision, inenvisageable dans sa petite communauté noire et religieuse de Californie. Délaissée par Luke, elle se rapproche d’Aubrey, jeune fille singulière qui cherche à se faire intégrer par la communauté.
    Brit Bennett nous raconte trois destins qui convergent, divergent et se mêlent pendant dix ans dans l’Amérique d’Obama. Trois destins sur lesquels pèsent la dureté de notre monde, le poids du passé, les secrets familiaux comme autant de stigmates. Elle nous dit la difficulté à se construire en l’absence de référents fiables dans un société où la parole des adultes est souvent double et où il faut avancer et grandir malgré les douleurs, les blessures et le manque d’amour originel. Cette jeune auteur de vingt-sept ans, révélation littéraire aux Etats-Unis en 2016, porte dans ce premier roman un regard juste et grave sur notre époque.