Conseils de lecture

Un hiver à Wuhan
12,00
par (Libraire)
21 septembre 2020

Chroniques du réel perçu irréel

Des paragraphes courts qui disent la Chine perçue par Alexandre Labruffe (auteur qui vient de publier son premier roman Chroniques d'une station service), dans diverses fonctions (du contrôleur qualité à l'attaché culturel), lors de séjours plus ou moins longs, entre 1996 et aujourd'hui à Wuhan.
On se promène dans ce laps de temps, en marchant à tâtons dans la brume de pollution qui n'est pas invention bucolique. La moindre vision du ciel en devient rare événement à photogrphier absolument.
C'est comme entrer dans la quatrième dimension, avec perception du réel perpétuellement remise en question.
C'est la découverte étonnante ou pétrifiante selon l'état d'esprit qui nous habite, d'un autre ordre du réel, à la logique intrinsèque qui échappe continuellement.
C'est plein d'humour, c'est vertigineux, insondable.
On se promène là, comme dans le film de Sofia Coppola, Lost in translation, sauf qu'on se perd en Chine et pas au Japon.
Pause-lecture gourmande, déjantée plutôt.


Les métamorphoses / roman

Brunel, Camille

Alma Éditeur

17,00
par (Libraire)
20 septembre 2020

Penser le monde du vivant autrement.

Isis est une jeune femme végane, ultra connectée et animaliste.
Elle aime sa chatte Dinah, dont elle a souvent l'impression de mieux la comprendre que ses proches.
De façon insolite, le monde se dérègle et des animaux apparaissent en nombre hors de leur habitat naturel, dans des circonstances étranges.
Il s'avère que les humains, principalement les hommes se transforment en animaux, sans qu'on sache pourquoi ils deviennent tel ou tel.
Isis voit les membres de sa famille et ses contacts des réseaux sociaux se transformer, devenir d'une autre réalité.
C'est un fait, les hommes disparaissent.
L' ordre du monde se trouve changé et chacun prend autrement conscience de sa vulnérabilité, d'une logique nouvelle qui s'installe.
Comment réagir face à cette réalité transformée, bien loin du monde connu qui s'effondre ?
Comment continuer de manger des animaux quand c'est d'un proche dont on risque de se nourrir ?
Comment éviter la contamination de cette possible pandémie et survivre dans cet ordre nouveau, où les animaux reprennent leurs droits, ce tout à fait naturellement ?
Comment sortir de la logique de propriétaire, là où nous ne sommes pas seuls, là où nous n'avons pas plus de droits que n'importe quelle autre espèce, là où nous portons la responsabilité de réflexion et de respect ?
L' auteur, par ce beau roman, nous fait cadeau de cette réflexion qu'il mène jusqu'au bout, nous invitant à repenser notre humanité.


La Géante
par (Libraire)
14 septembre 2020

Roman, tout de grâce, porté

Noële avec un seul "l" est au coeur du roman.
Elle en est la narratrice, transformée par ce qui la traverse de la situation : un homme, malade séjourne là, au pied de la Géante.
Elle dit le lieu, les êtres ( Rimbaud, Maxim sans "e", Carmen) dans leur solitude, dans leurs choix de présence aux autres, des circonstances, de ce qui leur semble le mieux.
Cela se passe au pied et dans la montagne.
De lire, on perçoit les paysages, les luminosités selon l'heure, on sent les parfums et odeurs, la chaleur du soleil sur le visage, l'humidité et le froid de la nuit qui tombe et fait trembler le corps.
Tout est donné à voir.
Et de lenteur, on saisit la subtilité et la complexité des êtres.
De lire, on voit, on vit l'histoire.
On est porté par la force poétique de l'écriture.
À peine le livre terminé, on espère le moment où de nouveau on le lira.


Yoga
22,00
par (Libraire)
9 septembre 2020

Humain, trop humain

Je renonce à décrire les phases du roman tant j’aurais voulu en être un des personnages pour partager la détresse de l’auteur pendant sa dépression puis participer à sa guérison et m’inviter à dialoguer avec lui. Lorsque Emmanuel Carrère évoque la figure et les mésaventures d’un professeur de collège, monsieur Ribotton et de son fils Maxime, il est submergé de chagrin, c’est toute la misère du monde qui surgit. Oh littérature comme tu nous aides à exprimer ce qu’on ressent quelquefois sans pouvoir le nommer !
Mon Ribotton à moi c’est Lulu dans un troquet glauque de la rue de l’Ourcq il y a bien longtemps, la tristesse durera toujours. Cette mise à nu sincère et sans fards exhume en nous des sentiments contradictoires, nous bouscule. Pour le pire et le meilleur, le yin et le yang, nos misères et nos joies, l’exaltation et la déprime.


Age tendre
17,00
par (Libraire)
8 septembre 2020

Sixties

Dans un futur proche, Valentin doit faire son service civique dans un centre pour personnes âgées atteintes d'Alzheimer. Ce centre est un peu spécial : il recrée le décor de la jeunesse des patients, les sixties !
Un roman drôle et touchant sur le temps qui passe et les blessures émotionnelles.
Dès 13 ans