Conseils de lecture

Noëlle Renaude

Incultedermarge

14,90
par (Libraire)
20 janvier 2022

P. M Ziegler, peintre

Entrée là par la couverture du livre et le mot “peintre” dans le titre. Et puis, ces bleus, denses et fluides, c'est selon, offrant les ombres d'un paysage. Parce que Pierre-Marie Ziegler, je ne le connaissais pas. Je l'ai rencontré par les mots de Noëlle Renaude. Elle s'y connaît en couleurs. Elle sait le panel de mots qui les disent.
Ce qu'elle essaie de nous faire saisir, c'est ce que c'est que d'être peintre, ce que c'est que de consacrer sa vie à la peinture comme assumer un destin dont le peintre sait qu'il ne peut être autre.
Elle dit les matières, le geste de faire jour après jour, le concret implanté dans la vie même qui se pose de peindre.
C'est un texte à distance et au coeur en même temps. À distance parce que l'autrice donne à voir l'autre qui peint sans qu'elle y comprenne quelque chose à la peinture, aux gestes techniques que c'est. Et au coeur, d'habiter les êtres tout le temps, dans tous les gestes du quotidien.
Entre deux temps de lecture, j'ai découvert que l'autrice est la veuve du peintre qui s'est suicidé il y a neuf ans. Le savoir change la lecture, lui donne plus de profondeur. En même temps, jamais le texte n'est appesanti de cette réalité qui est la leur, de n'être que le résultat du geste beau qu'est écrire la vie à peindre de cet homme-là pour qui la réalité était si compliquée à vivre. On sort de ce livre habité du texte, de ce qu'il donne à percevoir le peintre pleinement.


18,50
par (Libraire)
19 janvier 2022

Notre solitude

Yannick Haenel se rend tous les jours au procès des attentats de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher et de Montrouge. Riss lui a demandé de couvrir l'évènement, de n'avoir commencé à écrire pour le journal qu'après les attentats.
En parallèle, le journaliste et auteur a eu besoin de poser de mots ce que c'était pour lui que d’assister à ce procès, que de voir victimes et accusés au jour le jour.
En faisant le récit des évènements, dans l'épuisement provoqué par l'intensité de ce qui s'y déroulait, sa réflexion s'affine sur le rôle de la justice dans le lien qui se crée entre les victimes disparues et les vivants qui sont du procès.
C'est un livre qui montre l'introspection en cours, la profonde réflexion qu'elle déclenche, la nécessitè de saisir de mots, d'exprimer le sens de vivre ce temps précis, le rendant autre et peut-être lui-même plus encore.
C'est puissant et émouvant.


Éditions Gallmeister

10,00
par (Libraire)
18 janvier 2022

La vie en chantier

D'abord, il y a Marnie et Taz, couple dans la trentaine.
Marnie porte Midge. Mais voilà, Marnie meurt en mettant au monde Midge.
Tout s'écroule alors pour Taz. On le voit vivre au jour le jour, dans l'apprentissage à être père, largué mais aimant, triste à vouloir mourir mais porté de porter Midge qui ressemble tellement à sa maman.
Il y a Rudy, le meilleur ami qui agit sans dire, qui soutient, qui est là mine de rien, qui l'accompagne sur les chantiers pour installer les pièces de menuiserie fabriquées.
Aussi, Lauren, la mère de Marnie, grand-mère de Midge qui participe malgré sa profonde tristesse d'avoir perdu sa fille unique, à créer pour cet homme blessé et sa petite fille, lien au monde.
Et puis, apparaît Elmo, super baby sitter et plus si affinité, mais doucement, tout doucement parce qu'il ne faut rien presser, parce Marnie toujours.
Sans oublier les paysages, le lieu secret qui ne le restera pas, où Taz raconte sa mère à Midge.
Très joli roman de Pete Fromm.


Roman

Le Livre de poche

7,40
par (Libraire)
14 janvier 2022

Un an un jour

Jézabel doit tenir la promesse faite à son père mourant. Elle emportera la montre qu'il a fabriquée, et qui détruit le temps, à Montréal, auprès d'un horloger. L'avion atterri en catastrophe et Jézabel trouve refuge dans un hôtel mystérieux. Là, tout dérape. Elle s'y retrouve prisonnière et tente perpétuellement de s'adapter aux conditions terribles qui s'imposent à elle pour espérer enfin retourner à sa vie. Le lecteur se retrouve face à une ribambelle de personnages victimes de n'être que ce qu'ils sont. Il est embarqué dans toutes les péripéties par lesquelles Jézabel passe, tour à tour angoissé, amusé, intrigué, perdu. On sent le plaisir et la gourmandise de l'auteur à nous promener au cœur de thèmes philosophiques ; le temps, la justice, la réalité, la liberté... Un goût de l'absurde certain.


Éditions Gallmeister

24,60
par (Libraire)
12 janvier 2022

Le lac de nulle part

Père et enfants ne se sont pas vus depuis quelques années, jusqu’à ce que que Trig et Al, frère et sœur jumeaux reçoivent un texto pour vivre ensemble une excursion sur les lacs canadiens comme ils en vécurent enfants en été, alors que là, cela se passera en automne.
Tous deux acceptent et comprennent vite que leur père ne tourne pas rond, atteint de la maladie d’Alzheimer.
L'excursion avançant, chacun se redécouvre, se remémore le passè, qui peut resurgir brutalement. les conditions météorologiques le deviennent aussi, brutales et c'est sans compter sur cette impression grandissante chez les jumeaux malgré les mots rassurants du père, d'être perdus.
Vous entrez à petit pas dans l'histoire, et puis vous êtes d'un coup accroché, au point qu'aux moments autres que lire, vous y repensez à cette histoire et vous n'avez qu'une hâte, y retourner.