Conseils de lecture

Mon ami

Albin Michel

9,90
par (Libraire)
4 octobre 2019

Il suffit d'une phrase...

" Tu sais, Sam, ce qui est différent de moi, c'est ce que j'aime le plus chez toi. ".
Voici la phrase qui s'offre essence même du livre. Un graphisme doux, tout en rondeur, de la couleur en osmose avec les mots.
La différence, thème au cœur de l'ouvrage se vit dans un premier temps, au mieux comme surprenante. Elle inquiète aussi. Dans un second temps, elle appelle le questionnement.
Cela amène à voir autrement, à ouvrir le champ.
Et là, c'est avec des mots d'enfants, des mots qui sonnent poésie, authenticité et beauté.
Délicieux, vraiment.


Puissance de la douceur
par (Libraire)
23 septembre 2019

Salvateur

L'auteure n'est plus, disparue noyée. Restent, puissants, plusieurs ouvrages, liés à l'être au monde, aux façons d'être au monde du métier qu'elle exerçait : psychanalyste. Elle était philosophe aussi de formation.
Et voici cet essai qui dit la douceur, sans la définir définitivement, sans lui poser contour car ce serait la réduire alors qu'elle est presque intangible, effluve d'être, mouvement perpétuel.
Elle écrit ici les possibles, la fugacité et l'élan que peut produire la douceur. La douceur peut être révolution malgré l'antinomie apparente des deux mots. Elle peut être révolution intime, prometteuse d'avenir. Elle ouvre vers l'insoupçonné, agissante d'aucune intention. Elle ouvre au monde. Elle ouvre le monde.
Il faut entrer dans l'ouvrage, se saisir des mots, de leur sens, de leur portée. Il faut s'en emplir, y réfléchir et se sentir du mouvement évoqué.
Vous verrez, cet ouvrage, vous vous surprendrez à y retourner. Et ce sera comme redécouvrir, comme se souvenir, comme s'emplir à nouveau, de cette notion dont on ne perçoit jamais à quel point elle peut réenchanter le monde ; de le transformer, en catimini, de façon quasi-imperceptible mais effective pourtant.


Assassins !

Héloïse d'Ormesson

18,00
par (Libraire)
22 septembre 2019

J'accuse !

Emile Zola est mort intoxiqué par du monoxyde de carbone. Était-ce vraiment un accident ?
L’affaire Dreyfus qui avait attisé les passions était proche et les ennemis de l’écrivain, légion.
Zola se remémore sa vie et les épreuves subies, fils d’immigré italien, rital bigleux et chétif, sa vie fut un combat permanent dans un pays où le racisme s'exprimait sans fard. Son énergie lui permit d'accomplir son oeuvre et de s'engager dans un combat pour la vérité.
L’époque et sa violence verbale donne le vertige. L’antisémitisme s’expose au grand jour avec une virulence inouïe. Des chansons haineuses reprises frénétiquement par des foules subjuguées par des tribuns comploteurs, une presse incendiaire, un climat qu’on peine à imaginer tant l’outrance domine.
Et Emile Zola est bien l’ennemi absolu, le déshonneur de la patrie et de ses valeurs, il mérite la mort. Que d’invectives et de jugements nauséabonds à son encontre !
Un roman puissant et édifiant.


Reflets des jours mauves

Tenenbaum Gerald

Héloïse d'Ormesson

17,00
par (Libraire)
18 septembre 2019

Du génome et de l'amour

Une nuit dans un bar, le professeur Lazare relate les circonstances de sa rencontre avec Rachel, à l’issue d’un processus de sélection d’individus choisis en fonction de leur patrimoine génétique. Il décrit auprès d’inconnus fascinés sa recherche effrénée de la partition du génome et son coup de foudre. La relation amoureuse est décrite subtilement, les doutes et interrogations parcourent l’émerveillement réciproque, de longs silences s’installent, une haute exigence et une soif d’absolu prédominent.
Lazare peut-il pour autant être d’une franchise totale ?
La postface d'Ariane Giacobino, médecin généticienne, montre les similitudes entre la science et l'imaginaire, l'intuition qui mène les recherches.


Les Grands cerfs
17,00
par (Libraire)
16 septembre 2019

Après le temps de l'enchantement, l'urgence

Claudie Hunzinger a toujours écrit sur ce lieu où elle vit, en pure poésie.
Lieu à vivre, à créer.
Ici, c'est le même lieu, les mêmes êtres perçus dans ses ouvrages d'avant : Nils, Léo, des artistes et les cerfs.
Mais le temps a passé et le constat se fait de la situation qui se détériore.
Les hommes vivent de plus en plus mal. Les animaux disparaissent. Tout cela par les hommes.
Ce lieu, en lisière de deux mondes, social et de nature, comme un lieu à voir. À voir la disparition active, en cours, de tout ce que nous abîmons, détruisons, inscrits dans la consommation.
D'autres le disent déjà, depuis longtemps, de bien des manières, scientifiques et littéraires.
Claudie Hunzinger, elle, restitue la possible perception animale de tenter de se fondre aux cerfs, de les observer, de les écrire, de nous les faire sentir. Elle apporte sa patte, son empreinte profonde et poétique.
Lire toute l'œuvre de Claudie Hunzinger et respirer la forêt, la montagne, s'y fondre comme être du monde.
À découvrir la magie absolue lue dans Les enfants de Grimm, je vous y invite.