Conseils de lecture

Une machine comme moi
22,00
par (Libraire)
3 février 2020

Un robot trop humain ?

D’habitude la science-fiction nous déplace loin dans le temps, dans un monde qui porte des traces modifiées de notre présent. Ici c’est l’Angleterre des années 80 avec Margaret Thatcher premier ministre mais dans une histoire différente où Georges Marchais serait président en France et la guerre des Malouines perdue. On retrouve une atmosphère qui nous est familière où la technologie triomphante ne résout en rien les inégalités et les mouvements sociaux. Des robots sont chargés du ramassage des ordures et la notion d’emploi à vie est dépassée. Charlie acquiert un androïde très abouti, à l’aspect humain, que l’on programme selon le caractère que l’on souhaite lui donner.
Adam est capable d’assimiler des masses d’informations, d’analyser Shakespeare ou de digresser sur les essais de Montaigne. Mais son apprentissage ne lui permet pas de transiger sur les principes moraux. Il se révèlera incapable de mensonges et d’arrangements avec la réalité...
Un roman subtil et troublant.


Éloge du magasin, Contre l'amazonisation

Contre l'amazonisation

Gallimard

18,00
par (Libraire)
28 janvier 2020

Retail apocalypse

La vente en ligne fait progresser la vacance commerciale en centre-ville mais pour autant le sort des magasins n'est pas scellé. Le besoin de contact, de lien social laisse une place aux marchés, brocantes, commerces de bouche ou librairies. Les consommateurs ont de nouvelles exigences, ne se satisfont plus d'une offre pléthorique mais préfèrent affirmer une nouvelle manière de vivre. Je vous cite le pronostic de l'expert américain Steve Denis pour une bonne dose d'optimisme: "Les magasins ne sont pas morts. Les commerces ennuyeux, indifférenciés, insignifiants, ou ceux proposant une marchandise et un service de qualité médiocre, ont quant à eux déjà disparu ou sont menacés. Les autres ont toutes les chances de se maintenir."


LOVE ME TENDER
par (Libraire)
27 janvier 2020

Suite de Play Boy

C'est un récit d'une puissance incroyable.
C'est le récit d'une femme qui a quitté son mari et son fils pour devenir elle.
On l'avait lu déjà dans Play Boy, cet apprentissage à devenir soi. Mais là, on voit les problèmes concrets que posent les choix de cette femme.
Assumer sa sexualité, ses choix de vie, de métier ne sont pas en soi un problème. Tout ce que devient Constance Debré semble naturel, chaotique mais évident, parce que authentique.
Le problème, c'est autour, c'est ce que ça provoque chez les autres.
La question de fond, c'est l'amour.
C'est banal, ça paraît évident l'amour.
Et pourtant, rien n'est plus complexe.
L'amour, les amours pour Constance Debré riment avec liberté, avec la possibilité que rien ne dure, y compris l'amour d'un enfant pour ses parents, de son fils pour elle.
La narratrice fait preuve d'une telle pertinence et d'une telle force qu'on ne peut qu'être admiratif de tout son cheminement dans la relation à son fils : une présence rigoureuse, indéfectible et l'acceptation de tout ce qui advient, en silence, sans reproche, sans violence.
C'est un récit à la fois percutant et d'une délicatesse inouïe.


Sur les ossements des morts
9,70
par (Libraire)
26 janvier 2020

Une vision singulière du monde

Janina Doucheyko est un personnage passionnant.
Retraitée, elle vit seule dans un hameau quasiment abandonné de presque tous ses habitants l'hiver durant.
Elle fait des rondes régulières, devient gardienne des lieux pour endiguer si nécessaire, les assauts de l'hiver.
Un matin, elle retrouve un de ses voisins, braconnier, mort étouffé par un petit os : premier mort et pas le dernier.
La police enquête.
C'est un personnage marginal et bien attachant que cette dame Janina.
Elle porte un regard sur le monde tout à fait singulier et saisissant.
Elle est passionnée d'astrologie, a une éthique qui ma foi, vous le découvrirez, a une logique implacable.
La nature, les animaux tiennent toute la place dans cet ouvrage face aux chasseurs qui se croient tout puissants.
Mais les théories développées et partagées à tous par Janina la font passer pour folle.
C'est une belle fable dans laquelle on se laisse porter avec délectation.
On se sent du lieu et cette Janina, on aimerait bien la rencontrer.


Les ronces

Le Castor Astral

15,00
par (Libraire)
25 janvier 2020

Poésie d'aujourd'hui

C'est drôle la poésie. C'est fou, l'effet que ça peut avoir sur vous.
Cécile Coulon dans ses poèmes porte un regard tout à fait pertinent sur le monde, sur les êtres au monde.
Elle sait poser les contours de l'indicible et le rend perceptible, saisissable.
D'une situation ordinaire, quotidienne, elle soutire grâce aux mots justes scandés, l'essence même des petits riens autant que des grands sentiments qui nous submergent souvent.
Et cela fait un effet tel, qu'après lecture de chaque poème, soit vous le relisez séance tenante, soit vous restez suspendu, à déguster, à savourer les mots longuement, avant de passer au poème suivant.
Dans les petits interstices de la vie, avant d'en reprendre le cours, qu'il est bon de lire un poème de Cécile Coulon !