Conseils de lecture

Maylis Besserie

Folio

7,50
par (Libraire)
30 septembre 2021

Le tiers temps

Subtil et beau

L' auteure invente de faits réels les derniers temps de vie de Samuel Beckett dans une institution nommée Le Tiers Temps où il a réellement résidé.
Tout est donné à lire du regard et de la pensée imaginés de Beckett, identifié comme penseur de l'absurde.
Le corps et ses empêchements dans le vieillissement, l'écriture comme combler l'attente, lui donner sens même, mais dans un ralentissement, une mise en distance ; c'est là tout le propos.
Et la mort, omniprésente, des autres du même lieu, en soi peu à peu, qui fait percevoir autrement le cours du temps, le peu de choses qui se passent, l'inéluctable totalement inconnu qui ne se donne à percevoir et imaginer que de distanciation pensée face aux menus événements de la vie quotidienne qui se déroulent.
Un roman profond, posé roman et non récit justement, très joliment et finement écrit.


20,00
par (Libraire)
27 septembre 2021

Les chats éraflés

Parfois, dès les premières lignes, on sait qu'on va aimer.
J'sais pas, quelque chose dans la façon d'agencer les mots, en plus de ceux choisis, qui sonnent justes à votre esprit.
Et puis, l'héroïne s'appelle Soizic, c'est un joli prénom. Elle est jeune, déjantée, très seule aussi et brillante. Elle a un goût affirmé pour la liberté, celle qu'elle s'invente.
Elle se retrouve sur les quais de Seine, à faire bouquiniste pour son cousin qu'elle vient tout juste de rencontrer pour la première fois en débarquant à Paris.
Elle rencontre des personnages détonnants, fracassés, ceux de la rue, ceux qui ont fait un plus ou moins grand pas de côté.
Derrière tout cela, une histoire de famille pas bien réjouissante. Mais bon, cette fille s'en sort bien, même si elle trouve que ce n'est pas le cas.
Et on se délecte jusqu'à la fin.


18,50
par (Libraire)
24 septembre 2021

LA FELICITE DU LOUP

Ça se passe en montagne, à Fontana Fredda, au-dessus de Milan.
Fausto a quarante ans, il est séparé de sa femme depuis peu, ne sait pas bien ce vers quoi aller.
Il écrit, certes, mais ça ne suffit pas pour vivre, même s'il vit de peu.
Alors, quand, au détour de confidences faites à Babette, propriétaire du seul restaurant du village, elle décide de l'embaucher pour la saison d'hiver comme cuistot, Fausto se sent pousser des ailes.
Il tombe amoureux de Silvia, serveuse saisonnière de vingt-sept ans.
Tous deux ont en commun le goût de la montagne, ainsi que le fait de ne pas savoir ce qu'ils vont devenir, à la fermeture du restaurant.
Chacun ira-t-il son chemin ?
Leur désir de montagne est-il assez fort pour les unir dans la durée ?
On lit ce roman comme si on se promenait en montagne, d'en sentir de quelques mots les parfums, d'y voir les paysages, les êtres.


20,00
par (Libraire)
18 septembre 2021

CHANGER : METHODE

Édouard Louis et le processus à changer, mieux, à devenir.
L'auteur raconte les étapes par lesquelles il est passé, de façon plus ou moins consciente au moment où il les vivait, pour devenir autre que ce à quoi il aurait pu être destiné, de la condition sociale de sa famille, du petit garçon moqué et chahuté qu'il fut.
Au travers de son ouvrage, on fait la connaissance des êtres qu'il a aimés et qui lui ont permis de devenir, de réaliser ce à quoi il a pris conscience d'aspirer.
On sent chez l'auteur toute la violence à se débarrasser des habitudes et réflexes accumulés pendant l'enfance. On sent la nécessité que c'était de devenir cet être instruit, cultivé, assumant au fur et à mesure des étapes de changement, son homosexualité.
On y saisit aussi, selon ces étapes, le rejet de sa famille et tout autant l'amour éprouvé pour elle. On capte cette nécessité pour lui de quitter ceux qui l'ont aidé pour devenir encore.
On perçoit dans l'écriture un désir d'authenticité, dans l'usage du mot juste. Édouard Louis semble porté par une perception fine de ce que pourrait éprouver ou penser le lecteur. On l'accompagne dans le récit, tout autant qu'il nous accompagne, dans son perpétuel questionnement sur ce qui le motive, dans la rencontre de l'autre ; le seul moyen peut-être, de se rencontrer lui-même.


Marie Darrieussecq

Folio

7,50
par (Libraire)
7 septembre 2021

LA MER À L'ENVERS

Rose est une quadragénaire bourgeoise qui a ses propres soucis.
Lors d'une croisière offerte par sa mère, elle se retrouve face à des migrants, des exilés, des réfugiés ( comment les nommer ? ). Surtout, elle rencontre Younès qui lui fait penser à son fils Gabriel. Elle lui donne le portable de son garçon sans imaginer les conséquences, dans un élan. Le temps passe. Et un beau jour, Younès l'appelle. Il a vraiment besoin d'elle. Sans même réfléchir, elle va le chercher, le soigne, l'accompagne.
Tout semble si simple et doux dans ce roman. Il ne fait que dire simplement des vies dans le monde complexe.
Cette femme, mère, épouse sait faire, s'adapte, sachant ses propres limites, dans une présence réelle et effective aux autres de ce qu'elle porte en elle ; un don pour soigner.
Marie Darrieussecq dépeint la capacité à devenir, de s'adapter, de chercher et trouver des solutions que l'urgence appelle, dont pourtant, on ne se savait pas capable.
L’auteure, par son écriture, touche justement.
On sort de ce roman ragaillardi.