Conseils de lecture

Deux mètres dix
7,50
par (Libraire)
9 mars 2020

Et après ?


Ici, on replonge dans les années de guerre froide et on voit l'incidence sur les êtres captés de leurs talents, formés et utilisés comme outils de propagande.
Quatre athlètes, Sue et Randy, américains, Tatyana et Chabdan, soviétiques sont racontés.
On découvre leurs dons, leurs détections, leurs formations et leurs records intensément décrits aux jeux olympiques et tout au long de leurs carrières.
On sait la beauté des gestes techniques parfaitement maîtrisés.
On sent la concentration, la puissance, les gestes posés comme au ralenti, qui marqueront l'histoire.
On saisit l'émotion immense qui submerge les athlètes, de la victoire.
Puis on sent poindre la désillusion, l'éphémère, l'illusoire.
On perçoit en filigrane les êtres qu'ils étaient, ce qu'ils sont devenus, la joie et la fierté d'exceller pour eux-mêmes, pour leurs pays, et puis ?
Et puis, l'après.
Quand ils sont trop vieux ou trop abîmés, quand ils ne servent plus ou se sont rebellés.
C'est un roman captivant, qui montre l'arrière plan des images données à voir lors des victoires.
C'est un roman qui dit des destins dans le cheminement intime de chacun.
Fascinant.


Rouge pute

Perrine Le Querrec

La Contre Allée

15,00
par (Libraire)
9 mars 2020

La puissance des mots

ROUGE PUTE
De courts textes qu'on lit en se retenant de respirer.
On se crispe. On s'affole.
Mais on lit, encore, jusqu'au bout.
En avant propos, on nous prévient.
Des témoignages de femmes.
Des mots qui fusent, qui racontent, qui dénoncent, qui cherchent.
Des femmes face à des hommes violents.
Des femmes coincées dans leurs existences.
Des femmes, aux marques violacées ou blessées plus gravement, qu'on ne voit même pas.
Quand elles sont vues, viennent des conseils ou des jugements hâtifs et des solutions à la va-vite, bien loin des réalités qui se vivent.
Ce sont des poèmes en prose, fulgurants.
Ce sont des condensés de violences, du point de vue de celles qui les subissent, les endurent, jusque quand ?
Jusqu'à mourir. Jusqu'à partir. Jusqu'à s'enfuir. Jusqu'à quitter. Jusqu'à porter plainte. Jusqu'à revivre. Jusqu'à un autre avenir que celui tracé des coups.
De chaque mot sourdent la violence, l'état d'urgence.
Les poèmes sont beaux et terribles à la fois.
Ils disent des réalités et d'eux on sait.
On sait celles qui ont dit, dénoncé, témoigné.
On sait celles qui se sont réappropriées leurs vies.

LA COURONNE
De courts textes qui disent le viol, et l'après. Ce qui se passe dans le corps, dans la tête. Porter plainte, les questions, les soupçons, la lenteur. Comment continuer, comment aller la vie après ?


Un vertige
6,30
par (Libraire)
4 mars 2020

Autopsie d'un amour

L'amour vu après, quand c'est terminé, quand ça n'a plus cours et que du temps a passé. C'est ce qu'on découvre dans le premier texte intitulé Un vertige.
L'auteure y écrit divinement les ressors de l'histoire amoureuse, de son point de vue à elle, de ce que l'autre et le couple formé l'ont fait devenir autre.
C'est une réflexion, sans jugement ou alors en percevant la part de chacun dans l'échec. Qu'est-ce qui fait continuer une histoire, voire la reprendre alors qu'on sent au plus profond de soi que rien ne permettra de croire que cela durerait ?
Dans le second texte, La séparation, la question qui vous saute à la gorge et qui vous fait penser tout de suite après...Mais bien sûr !...la voici : Qu'est-ce qui se sépare en nous quand nous nous séparons ?
Ce second texte est très beau, d'une grande lucidité, presque de la sagesse. Il réchauffe l'âme sans l'élever vers une vaine espérance.


Je suis le carnet de Dora Maar
21,50
par (Libraire)
26 février 2020

Ceci n'est pas une biographie

Connaissez-vous Dora Maar ?
Si vous n'avez que quelques vagues informations à son sujet, vous la découvrirez mieux mais par le biais d'une enquête dont vous connaissez l'issue dès le début.
Nous savons donc que ce fameux carnet qui tombe entre les mains de l'auteure appartient à Dora Maar.
Tout l'intérêt du roman réside dans le fait que cette femme est redécouverte par le biais des artistes et anonymes inscrits dans ce carnet.
Plus que cela, l'auteure remet en perspective la grande photographe qu'elle était et la peintre qu'elle fût toute sa vie.
Qu'il est bon de la voir reconnue et non plus stigmatisée comme une des maîtresses de Picasso.


Surtensions
7,95
par (Libraire)
25 février 2020

Victor Coste, capitaine au SDPJ 93

Le début du récit nous entraine dans le centre pénitentiaire de Marveil où règne une violence extrême.
Certains détenus sont dans des cellules d’isolement pour échapper aux châtiments divers auxquels la nature de leur crime ou leur fragilité physique les exposent. Un monde sans pitié. La suite nous fait partager le quotidien des policiers et des truands dans une intrigue mystérieuse. Le récit nous tient en haleine, sans répit, dans une course poursuite incessante. Avocats véreux, flics autoritaires enclins à s’affranchir des règles de droit commun, brigade policière dévolue totalement à son métier, délinquants rusés, toute une galerie de personnages donne puissance à cet univers. Les méthodes de recherche d’indices pour confondre les coupables sont décrites avec minutie et surprennent.
Un polar captivant qu’on lit en apnée !