L'avenir des simples / petit traité de résistance, Petit traité de résistance
EAN13
9782246821946
ISBN
978-2-246-82194-6
Éditeur
Grasset
Date de publication
Collection
Littérature française
Nombre de pages
252
Dimensions
21 x 13 x 1 cm
Poids
234 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
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L'avenir des simples / petit traité de résistance

Petit traité de résistance

De

Grasset

Littérature française

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On a bien compris que l’objectif des «  multi-monstres  » (multinationales, Gafa, oligarchie financière) était de nous décérébrer, de squatter par tous les moyens notre esprit pour empêcher l’exercice d’une pensée libre, nous obligeant à regarder le doigt qui pointe la lune, ce qui est le geste de tout dictateur montrant la voie à suivre, de nous rendre dépendant des produits manufacturés, des services et des applications en tout genre, nous dépossédant ainsi de notre savoir-faire qui est leur grand ennemi, un savoir-faire à qui nous devons d’avoir traversé des millénaires, du jardinage à la cuisine en passant par le bricolage, l’art savant de l’aiguille et du tricot et la pratique d’un instrument de musique au lieu qu’on se sature les oreilles de décibels. Reprendre son temps, un temps à soi, reprendre la possession pleine de sa vie. Et pour échapper à l’emprise des «  multi-monstres  », utiliser toutes les armes d’une guérilla économique, montrer un mépris souverain pour leurs colifichets  : «  votre appareil ne nous intéresse pas  », graffite le capitaine Haddock sur un mur. Contre les transports, la proximité des services, contre l’agriculture intensive empoisonneuse, des multitudes de parcelles d’agro-écologie, ce qui sera aussi un moyen de lutter contre l’immense solitude des campagnes et l’encombrement des villes, contre la dépendance, la réappropriation des gestes vitaux, contre les heures abrutissantes au travail, une nouvelle répartition du temps, contre les yeux vissés au portable, le nez au vent, et l’arme fatale contre un système hégémonique vivant de la consommation de viande, le véganisme. Car nous ne sommes pas 7 milliards, mais 80 milliards, à moins de considérer que tout ce bétail qui sert à engraisser nos artères ne respire pas, ne mange pas, ne boit pas, ne défèque pas. Il y a plus de porcs que d’habitants en Bretagne, et quatre-vingt pour cent des terres cultivées dans le monde le sont à usage des élevages, pour lesquels on ne regarde pas à la santé des sols et des plantes. Renoncer à la consommation de viande et des produits laitiers, c’est refroidir l’atmosphère, soulager la terre et les mers de leurs rejets toxiques, se porter mieux, envoyer pointer au chômage les actionnaires de Bayer-Monsanto et en finir avec le calvaire des animaux de boucherie pour qui, écrivait Isaac Bashevis Singer, «  c’est un éternel Treblinka ».
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Commentaires des libraires

par (Libraire)
10 mars 2020

La simplicité est la sophistication suprême

Et si on reprenait le temps de vivre ? Au sens de s'approprier ou plutôt se réapproprier des activités élémentaires telles que cuisiner ou coudre. La société de consommation nous dépossède chaque jour un peu plus de notre savoir-faire sous ...

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