Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Roman

Calmann-Lévy

19,90
15 octobre 2021

famille

Ce roman offre une plongée dans une famille à part, celle des Testasecca, qui habitent un château dans les Corbières.

Le roman s’ouvre sur les chevreuils sauvages qui ont ravagés les plans de fraises, et sur le père, Léon, qui a disparu.

J’ai suivi avec passion cette famille amoureuse de son château familial qui tombe en ruine.

Une famille pleine de vie qui se dispute pour réparer un pan de mur, chacun aillant sa technique, mais qui fait front lorsque la maréchaussée veut les déloger suite à une expropriation.

J’ai aimé les leitmotivs : Hyperélectreyon le tracteur-char d’assaut réparé par Clémence, les chevreuils qui ravagent tout et que personne ne chasse, le chien Bendico qui disparait parfois mystérieusement.

Et bien sûr la sinagrie, mystérieuse créature qui accompagne le fils Pierre depuis qu’il a réchappé à un incendie.

J’ai aimé la cavalcade des ancêtres : la baronne Mahault, le capitaine Clodomir, Izambar le Magnifique, Eugénie, Piotr, Elisabeth et les autres.

J’ai trouvé étrange la devise de la famille : Qu’est-ce qui n’est pas impossible ?

J’ai aimé que Clémence soit passionnée et douée pour la mécanique ; son atelier devait être impressionnant.

Un roman rempli de nature et de vieilles pierres, de galeries de mine et d’engin de chantier.

Un roman sur la violence de la défense du patrimoine, familiale ou autre.

Un roman qui montre que le château est en nous.

L’image que je retiendrai :

Celle des cartouches aux germes de blé utilisées par les membres de la famille contre les forces de l’ordre.

15 octobre 2021

Japon, policier

Chaque capitale a son quartier chaud. A Tokyo, ce quartier s’appelle Kabukicho. Le roman éponyme de Dominique SYLVAIN nous emmène dans ses bars à hôtesses et à hôtes. Oui, les hommes aussi vendent leur écoute et leur patience.

J’ai aimé suivre le très élégant Yudai et sa patience avec sa cliente Akiko, elle-même hôtesse d’un autre club.

J’ai découvert l’énigmatique Marie, colocataire de Kate, jeune anglaise que l’on retrouve morte enterrée.

J’ai aimé l’inspecteur Yamada, qui après son coma tente de se remémorer ses précédentes enquêtes. C’est lui qui fera en sorte que la mort de Kate ne soit pas classée sans suite.

J’ai aimé la tenancière du Club Gaïa dans lequel travaillaient Marie et Kate et qui connait Yamada depuis des années. Leur lien m’a touché.

L’enquête a peu d’importance, elle piétine un peu d’ailleurs. L’intérêt du roman est dans la description de cette particularité de la société japonaise.

Rassurez-vous, on croise aussi des yaks, comprenez des yakuzas qui cassent la figure au pauvre Yudai qui ne peut pas payer ses traites.

L’auteure nous montre de jeunes adultes (il faut être jeune pour exercer ce métier plein d’alcool) qui se vendent comme des marchandises, les plus populaires étant les plus chers.

Une immersion passionnante dans ce monde de la nuit japonais si particulier.

Une citation :

Dans les sociétés chrétiennes, le Mal reste assez central. On pense, notamment aux Etats-Unis, qu’un individu peut être foncièrement mauvais. (…) Au Japon, c’est différent. On s’attend à ce que les coupables s’inscrivent dans un contexte. Ils sont le fruit de leur éducation, de leur milieu. Les familles sont considérés comme responsables des actes de leurs proches. (p.233)

L’image que je retiendrai :

Celle de Akiko qui s’accroche à Yudai pire qu’une sangsue.

Une meute ne lâche jamais sa proie

Le Masque

21,90
15 octobre 2021

policier

Chic, un nouveau roman de Monsieur LEBEL. Bon, sans Mehrlicht, mais je prends quand même.

Et je n’ai pas été déçue : en plein Paris, une chasse à coure, un complot grandeur nature visant à tuer des personnes gênantes, en toute discrétion.

J’ai aimé le chef de groupe Starski (avec un i), dont le chien vient de mourir ; sa co-équipière Chen dépourvue d’émotion.

Et Chloé de Talense qui fait irruption dans la vie de Paul Straski, une ancienne amoureuse dont Paul est toujours épris malgré son mariage et ses deux filles.

Les deux premiers meurtres dans le même appartement sont bien mystérieux, et l’explication logique bien trop simple.

J’ai aimé les méandres de l’enquête, ou plutôt des enquêtes, le fait que l’amour, voire l’obsession de Paul pour Chloé soit un vrai frein.

J’ai découverte toutes les étapes d’une chasse à coure, et il y en a beaucoup. C’est un sport assez cadré, finalement.

J’ai aimé l’humour du roman, notamment Starski qui n’arrive pas à dire Madame la juge.

J’ai découvert les furies, déesses de la vengeance.

J’ai eu de la peine pour Cavicci, le flic remercié, qui a raison contre tout le monde.

Encore une fois, l’auteur m’a régalé avec une histoire cousue au plus près du suspens et du rebondissement, tout en restant parfaitement crédible.

L’image que je retiendrai :

Celle du personnage énigmatique toujours habillé d’un costume gris clair avec une cravate ouge se tortillant sur sa chemise blanche, comme un serpent.

7 octobre 2021

police, violence

Ouvrir un roman de Frédéric PAULIN, c’est s’approcher de la violence des hommes. Et avec son dernier roman, l’auteur nous plonge au coeur du maelstrom.

Il y a Wad, de son prénom Chrétien (il y a des parents bizarres tout de même….), thésard mais surtout trotskiste.

Lors d’une manif, il sauve Nathalie, elle plutôt toto, comprenez (si vous êtes néophyte comme moi) mouvance autonome.

Pour l’anecdote, j’en étais restée à la querelle Trotski-Staline et au meurtre du premier. Après, je n’ai plus suivi les divergences de doctrines. Je ferme la parenthèse.

Ensemble, ils vont grossir les rangs du contre-G8 du Gênes de juillet 2001. Ils rejoignent les Tute Bianche (les tuniques blanches), mouvement de résistance passive qui disparaitra à cette occasion. RIP.

Il y a Génovéfa, la journaliste du JDD qui décide de couvrir l’événement, en ayant assez de couvrir de faux événements, comme le dernier vol du Concorde.

Il y a Laurent Lamar, le communiquant de l’Elysée qui voue un culte à Jacques Chirac (et oui, à l’époque, c’était encore le pantagruélique président), et qui va se retrouver entre le marteau et l’enclume, comprenez entre la DST et la sécurité italienne et son retors Calvini.

Carli, chef du service d’ordre, et aimant l’ordre à la fasciste, fait déployer l’équivalent des forces spéciales dans la ville de peur des débordements.

L’action se déroule en juillet, sous un soleil torride qui échauffe les esprits.

Si j’ai eu un peu de mal avec les différents acronymes et factions gauchistes de la lutte contre la mondialisation, l’auteur a fini par m’entraîner au coeur de ces jours fatidiques qui, s’ils n’ont pas changés la face du monde, lui ont mis un sacré coup.

Mais à quels prix : des jeunes adultes brisés physiquement et mentalement.

Car si certains personnages disent éprouver du plaisir à casser les magasins de la Grande Consommation et autres banques, ce sont avant tout des enfants idéalistes qui ne méritaient pas de tomber face à des fascistes déchaînés avançant eux aussi en meute.

J’ai aimé l’ironie de l’auteur : Et tout ça se déroule sous un soleil magnifique, le bleu du ciel est cinégénique. Il fait si chaud, la mer doit être agréable. (p.22)

Le style est concis, les phrases s’enchainent vite, comme si il y avait une certaine urgence à raconter.

Pendant ma lecture me revenaient en mémoire les émeutes des gilets jaunes, le déchainement de violence de part et d’autre.

Comme si nous étions condamné à cette violence pour nous faire entendre.

Une citation :

On entend partout « La violence, c’est mal. ». Qui nous vend ce discours à ton avis ? Ben moi je vais te le dire : ce sont ces huit mecs barricadés dans la zone rouge en ce moment. Les huit mecs les plus violents du monde. (p.179)

L’image que je retiendrai :

Celle des coulées de sang sur les murs de l’école Diaz dans laquelle les manifestants ont été pris au piège à minuit.

Roman

Gallimard

16,90
7 octobre 2021

abandon de lecture

L’histoire est intéressante, l’auteure faisant des rapprochements avec la politique française et certaines de ses décisions désastreuses.

L’histoire des jumeaux aurait mérité un traitement plus approfondi, plus d’explication sur la gémellité.

Tout n’est que suggéré dans ce roman, l’auteure passe vite les années et son récit est plutôt rapide.

J’aurais aimé plus de développement sur les filles, ce qu’elles deviennent après avoir quitté le nid familial ; sur ce que ressent Amid, sa descente en enfer.

Certes, la mère est un personnage fort, mais cela n’a pas suffit.

Un roman un peu trop rapide à mon goût. Il est court, je suis allée au bout, mais il ne me restera pas en mémoire.