Nathalie -.

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Noëlle Renaude

Incultedermarge

14,90
par (Libraire)
20 janvier 2022

P. M Ziegler, peintre

Entrée là par la couverture du livre et le mot “peintre” dans le titre. Et puis, ces bleus, denses et fluides, c'est selon, offrant les ombres d'un paysage. Parce que Pierre-Marie Ziegler, je ne le connaissais pas. Je l'ai rencontré par les mots de Noëlle Renaude. Elle s'y connaît en couleurs. Elle sait le panel de mots qui les disent.
Ce qu'elle essaie de nous faire saisir, c'est ce que c'est que d'être peintre, ce que c'est que de consacrer sa vie à la peinture comme assumer un destin dont le peintre sait qu'il ne peut être autre.
Elle dit les matières, le geste de faire jour après jour, le concret implanté dans la vie même qui se pose de peindre.
C'est un texte à distance et au coeur en même temps. À distance parce que l'autrice donne à voir l'autre qui peint sans qu'elle y comprenne quelque chose à la peinture, aux gestes techniques que c'est. Et au coeur, d'habiter les êtres tout le temps, dans tous les gestes du quotidien.
Entre deux temps de lecture, j'ai découvert que l'autrice est la veuve du peintre qui s'est suicidé il y a neuf ans. Le savoir change la lecture, lui donne plus de profondeur. En même temps, jamais le texte n'est appesanti de cette réalité qui est la leur, de n'être que le résultat du geste beau qu'est écrire la vie à peindre de cet homme-là pour qui la réalité était si compliquée à vivre. On sort de ce livre habité du texte, de ce qu'il donne à percevoir le peintre pleinement.