Nathalie M.

Ephéméride

Rouzeau, Valérie

Table Ronde

par (Libraire)
2 juin 2020

Vivre en poésie

Valérie Rouzeau a réuni des post-it, des bouts de pensées, des mots sur feuillets dispersés ici ou là et a formé cet éphéméride, dont elle avait le titre, avant même d'en laisser filtrer toute la poésie du contenu.
C'est un journal en poésie qui dit les choses du quotidien, vécues ailleurs et là où elle est allée en vrai avec cette impression d'un petit pas sur le côté pour percevoir autrement, restituer délicieusement les lieux, les situations et les êtres rencontrés.
Les souvenirs affluent, comme vécus au présent d'être posés en mots de contextes nouveaux.
Des références aux grands poètes, en veux-tu en voilà, aux connaissances, aux amis, à la famille, qui du coup deviennent familiers, issus tous d'une même grande famille.
On perçoit l'avancée et les difficultés rencontrées, voire les ratages à faire advenir ses projets, de ce que ce n'est pas si simple comme pour tout un chacun que de vivre en poésie.
Et puis, ce que c'est la poésie, ce que c'est qu'être poétesse ou poète, on l'effleure, on le perçoit, on le côtoie, on y pense et réfléchit tout le long de l'ouvrage.
Pour tout le partage que c'est, c'est un très bel ouvrage de poésie qui se vit.

Et toujours les Forêts
par (Libraire)
1 juin 2020

La vie après La Chose

Corentin survit à La Chose qui a dévasté la terre tout entière.
Plus de faune, de flore, juste quelques humains qui ont survécu.
Lui, qui était en ville pour terminer ses études, retourne dans la forêt dans l'espoir de retrouver Augustine, la vieille dame, seule être au monde à l'avoir aimé.
Il la retrouve et Mathilde aussi, amie des jeunes années.
Comment garder l'élan à vivre dans un monde où plus rien ne semble pouvoir surgir vivant ? Comment faire sans le soleil, sa chaleur, son énergie à produire de quoi vivre, survivre ? Comment faire sans eau potable ?
C'est un monde effrayant qui se déploie au fil des pages.
Seul l'instinct à vivre semble faire se mouvoir les personnages.
C'est ça qui interpelle ; la vie possible proposée d'un roman après la catastrophe posée vraie.

Rencontres avec Bram van Velde
par (Libraire)
19 mai 2020

Le sens de créer

Imaginez, un jeune écrivain Charles Juliet, décide d'aller frapper à la porte de Bram van Velde, sans qu'il puisse s'expliquer pourquoi. Il est porté par l'évidence de le rencontrer.
L'homme l'accueille, mais ni l'un ni l'autre ne parviennent à se parler.
Alors, ils vont marcher.
C'est le départ d'une série de rencontres qui marquent une amitié qui se déploie.
L'artiste évoque entre de longs moments de silence la création, l'essentiel que c'est, dans une forme d'ascétisme dont il est impossible pour lui de faire l'économie.
Le jeune écrivain écoute, puis prend notes dans la solitude.
Et les phrases fulgurantes de Bram van Velde font mouche.
Vous êtes interpellés, troublés.
C'est un ouvrage singulier et surprenant dont on sent qu'il est fondateur du devenir d'écrire de Charles Juliet.

Météore

Dole, Antoine

Actes Sud

9,80
par (Libraire)
18 mai 2020

Chacun l'est, météore

Jérôme est adolescent, il a seize ans. Il veut qu'on l'appelle Sara depuis plusieurs années déjà. Depuis tout petit, il se sent, il se sait fille.
Alors, les difficultés du monde autour à comprendre cela, il les prend de plein fouet. Sarcasmes, violences, rejet.
Ses parents sont inquiets, et sa différence affirmée dérange. Jusqu'à ce qu'un psychiatre l'écoute et lui parle de dysphorie de genre qui touche un enfant sur cinq cents naissances.
Alors, Sara va vers son devenir, heureuse de vivre, de se savoir en accord corps et esprit.
Elle sait qu'elle peut vivre pleinement et épanouie de savoir qui elle est et de l'assumer. Elle se sent météore.
On sort de la lecture de cet ouvrage regonflé à bloc.

L'Exception, roman
par (Libraire)
17 mai 2020

Tranche de vie dense

Floki quitte Maria pour aller vivre avec Floki, son amant et collègue qui porte le même prénom.
C'est ce qu'apprend Maria le soir du réveillon du jour de l'an.
Cela fait onze qu'ils sont tous deux mariés et Maria n'a rien vu venir.
Elle se retrouve donc seule avec leurs jumeaux Bjorn et Bergthora de deux ans et demi.
Dans la même semaine, sa mère lui annonce que son géniteur dont elle ne sait rien souhaite la rencontrer.
Sans omettre de parler d'une demande d'adoption faite par le couple six ans plus tôt qui aboutit, alors que par ailleurs, c'est le chaos.
Ça fait beaucoup pour une seule personne dans un si court laps de temps.
Petit à petit, Maria qui reste amoureuse de son époux, explore le passé de sa vie conjugale, en trouvant des signes de l'homosexualité de son mari qu'elle n'avait pas perçue ou voulu percevoir avant, tant elle l'aimait et l'aime toujours.
Dans cette précipitation des événements, elle peut compter sur la présence de sa voisine Perla, auteure et psychanalyste naine, pour veiller à sa manière sur elle.
C'est un roman étonnant dont l'atmosphère vous entoure de façon singulière, si bien qu'il est difficile de le quitter.