Nathalie -.

La ronde / et autres faits divers, et autres faits divers
7,50
par (Libraire)
6 mai 2021

La ronde et autres faits divers

Extrait de la nouvelle Villa Aurore.

" Pourtant, je ne parvenais pas à m'en aller. Je marchais maintenant le long du grillage, cherchant à percevoir le moindre signe de vie de la maison, le moindre souffle. Un peu plus loin, j'ai vu l'ancien portail peint en vert, celui que j'avais regardé autrefois avec une sorte de crainte, comme s'il avait défendu l'entrée du château. Le portail était le même, mais les piliers qui le soutenaient avaient changé. Maintenant ils étaient au bord de la grand-route, deux piliers de ciment déjà gris de suie. Il n'y avait plus le beau chiffre gravé sur la plaque de marbre. Tout semblait étriqué, triste, réduit par la vieillesse. Il y avait un bouton de sonnette avec un nom écrit au-dessous, sous un couvercle de plastique encrassé. J'ai lu le nom :
Marie Doucet "

Dans cette nouvelle, la nostagie d'un lieu. Le souvenir de l'enfance qui surgit d'un jardin, d'une maison, de celle qu'on imaginait de la savoir vivre là. Les souvenirs, qui jaillissent au présent. Que faire des souvenirs ? Qu'ils servent à avancer...

Comme des bêtes
14,00
par (Libraire)
1 mai 2021

Comme des bêtes

C'est un texte aux voix, celles des montagnards, celles des fées, celles de la nature, mais aussi celle qui fait société.
Une petite fille est trouvée dans la montagne.
Elle est sauvage.
Que lui est-il arrivé ?
Qui est-elle, d'où vient-elle ?
A-t-elle été abandonnée, kidnappée ?
Alors, c'est le déferlement.
On veut un coupable, un tout désigné.
Et si la nature nous parlait, de la voix des fées ?
Et si elles savaient protéger et soigner de ce que les hommes peuvent faire ?
C'est un roman très beau, à l'écriture sobre et poétique.
Il y a dans l'écriture de Violaine Bérot quelque chose d'absolument enchanteur.

A la recherche de Milan Kundera, Un récit d'Ariane Chemin

Un récit d'Ariane Chemin

Éditions du Sous-sol

16,50
par (Libraire)
29 avril 2021

À la recherche de Milan Kundera

D'abord la joie de découvrir un écrit posé récit sur Milan Kundera ; récit de son destin d'auteur majeur.
Et puis, au fil de lire, Ariane Chemin nous invite à percevoir autrement, en profondeur la vie, le parcours de Milan Kundera et de sa femme Vera, ainsi que l'importance et toute l'intention que porte l'auteur à son oeuvre.
La découverte d'éléments historiques, le cheminement qui mène le couple Kundera en France, la perte de la nationalité tchèque, qui lui est de nouveau attribuée bien plus tard, les questionnements quant aux choix en littérature, dont celui de disparaître du champ médiatique sont autant de points qui convergent vers l'impression de secret qui entoure l'auteur.
Tant de mystères encore, d'interprètations singulières par ceux qui l'ont approché, connu, qu'on a la sensation de se perdre dans un labyrinthe dont on se demande si cela en valait la peine d'y entrer. Rien que se poser cette question en vaut la peine.
En se concentrant sur l'auteur et son oeuvre, on saisit toute la nécessité pour lui de garder le silence sur lui, sa vie, son oeuvre ( souhaitant échapper ainsi aux interprétations fantasques que les uns et les autres pourraient faire), de ne donner à connaître que l'oeuvre par et pour elle-même.
Ce besoin de contrôler son oeuvre, jusque dans sa traduction en français, reprise par l'auteur paraît à la fois naturelle et laisse perplexe.
Il reste que Kundera est un auteur incontournable, dont l'oeuvre puissante ne laisse personne indifférent.

Deux petites bourgeoises
par (Libraire)
28 avril 2021

Deux petites bourgeoises

Héloïse et Esther se connaissent depuis qu'elles ont onze ans, de vivre dans le même quartier, d'aller dans la même école, de grandir ensemble.
Héloïse meurt à 52 ans d'un cancer.
On l'apprend brutalement dès le début de l'ouvrage.
Esther raconte.
Elle fait le récit de leur amitié au fil des années, des périodes importantes de leurs vies. Elle raconte les périodes d'éloignement, de rapprochement qui n'entachent en rien le naturel à se retrouver.
Au fil du livre, on a le sentiment de découvrir en même temps qu'Esther toute l'importance de cette amitié ; importance saisie brutalement après la mort d'Héloïse, et qu'il fallait absolument poser sur le papier.
Esther révèle Héloïse à notre regard alors qu'elle ne lui a jamais dit tout ce qu'elle admirait en elle.
Colombe Schneck livre dans cet ouvrage toutes les nuances de l'amitié féminine. Elle dessine à grands traits, de formules bréves et acérées, la condition féminine, au fil des différents âges et caps de la vie des deux amies.
On ressent intimement cette chance d'une amitié longue, brutalement interrompue.
On ressent la perte et tout ce qu'il aurait fallu, sur quoi on ne revient plus.

Le Quai de Ouistreham
par (Libraire)
26 avril 2021

Le quai de Ouistreham

Dans ce reportage, Florence Aubenas décrit de l'intérieur l'expérience que c'est pour une femme plus très jeune ( 48 ans), faiblement diplômée, sans expérience professionnelle, de trouver un emploi ou plus justement des heures de travail, en période de crise économique comme celle vécue en France à partir de 2008.
Des heures de ménage comme agent de propreté dans différentes entreprises, c'est tout ce qu'elle trouve.
Peu d'heures, en horaires décalés, c'est à dire très tôt le matin et tard le soir, avec de longs trajets, des heures supplémentaires non rémunérées parce que dire que plus de temps a été nécessaire, c'est se montrer incompétente, et c'est risquer de ne pas être rappelée.
Florence Aubenas vit cette précarité pendant six mois, puis elle se voit proposer un C. D. I, sonnant pour elle la fin de l'expérience.
On lit et on saisit l'invisibilité dans laquelle sont maintenus les compagnes et compagnons d'infortune pour qui la précarité ne fait que durer.
On capte des gestes de solidarité parfois, des situations de "chacun pour soi", des éclats de rire et de vie, des coups de gueule, avant que chacun reparte chez soi, ou vers d'autres heures de travail à enchaîner ailleurs.
L'injustice sociale, la fatigue morale, celle des corps, tout le temps, nous sautent au visage.
Ce sont des pages du réel qui s'inscrivent dans le temps et on se demande ce que sont devenu(e)s Mimi, Françoise, Philippe, Mme Tourlaville, Germain, Marguerite...
On se demande enfin s'il est juste de penser (et si c'est le cas à quel point), la question de la précarité comme un fait s'aggravant.