Nathalie -.

par (Libraire)
2 janvier 2021

Quel suspens !

Un hameau, trois maisons. L'une, à vendre, une autre habitée par une artiste peintre Christine, et la dernière par Patrice, Marion et leur fille Ida.
Trois hommes débarquent le soir de l'anniversaire de Marion. On ne sait pas qui ils sont, ni ce qu'ils veulent…
C'est un ouvrage de quelques six cents pages, marqué par cette sensation de suspens insoutenable qui vous tient.
Tous les personnages et toutes les situations sont décrites dans une orgie de détails par le narrateur. Ce narrateur, regard porté sur le présent de l'intrigue qui se déploie, nous invite à voir, à percevoir les personnages, à décrypter les situations, tour à tour en accélérant la cadence ou en ralentissant le pas.
On voudrait passer des descriptions, des paragraphes pour aller voir plus loin et vite comprendre. Mais on ne le peut pas, on sait qu'on ne le doit pas, tant on sent que le plaisir de lecture est dans ce rythme imposé auquel on consent, totalement portés.

17,00
par (Libraire)
2 janvier 2021

Des femmes

Trois femmes, Hindou, Ramla sa sœur, et Safira.
Hindou a été mariée sans son consentement à son cousin Moubarak. Celui-ci la viole, la bat au gré de ses colères, de ses frustrations, de ses échecs, sans que quiconque n'intervienne, l'exhortant à la patience.
Ramla devient, contre son gré, elle qui a eu son baccalauréat scientifique et rêvait de continuer ses études supérieures, la coépouse de Safira qui refuse ce partage de son époux.
Et toujours , la patience invoquée par l'entourage.
Trois femmes, qui de leurs personnalités, de la tradition, des conditions de vie imposées aux femmes, deviennent de se résoudre, de manigancer ou de s'échapper.
C'est une fiction inspirée de faits réels, est-ce précisé dès le début. On a beau savoir la polygamie, de lire ces trois destins, on saisit tout ce qu'on n'osait pas imaginer possible dans le quotidien vécu : les conditions de vie imposées du mariage forcé, le viol conjugal, la restriction voire la perte des libertés, la soumission totale, la dépendance matérielle, la solitude profonde.

16,50
par (Libraire)
2 janvier 2021

Pause dans le présent, avant retour sur l'enfance.

L'auteure éclate en sanglot, immobile sur l'escalator qui s'élève.
Cela déclenche la nécessité de faire le point sur sa vie où tout lui semble compliqué, sans que l'on sache quoi précisément.
Elle décide un voyage à Majorque, dans un lieu qu'elle connaît déjà, qui semble jalonner sa vie.
Là, au détour d'un dîner accompagné, sollicitée, elle raconte son enfance en Afrique du sud.
C'est alors que, devant cette soupe qu'elle ingurgite, par son récit, elle nous emmène tout là-bas, dans ce lieu qui est aussi celui des enfances, de l'Enfance.
De ce qu'elle a vécu, qui lui est absolument singulier, elle convoque aussi notre enfance, dans l'évocation des sensations, des interprétations, des tentatives à comprendre propres aux enfants qui savent se conter le monde dans une authenticité mêlée d'inventivité créatrice de sens et de beauté.

Renvoyer les morts

Belfond

20,00
par (Libraire)
2 janvier 2021

Le Japon, inattendu

Après avoir vécu à Tôkyô, Ayumu vient d'arriver dans cette région reculée au Nord du Japon, où son père va exercer ses nouvelles fonctions.
Il va avoir quinze ans.
C'est un bon élève qui espère très vite s'intégrer dans sa classe, dernière année au collège, comme ce fut le cas lors des précédentes mutations de son père.
Seulement six garçons dans sa classe, forcément, ils sont toujours ensemble.
À la tête du groupe, Akira initie des jeux plus ou moins innocents pour passer le temps.
Ayumu observe le fonctionnement du groupe et ne sait comment agir ou réagir de prendre conscience que Minoru est toujours la cible perdante des jeux menés.
Vient l'Okuribi, la fête des morts et tout ce qu'on n'imaginait pas de lire.
C'est une lecture impressionnante, pleine d'ambivalence. On est charmé et emmené par la prose poétique de l'auteur, qui installe dans une belle lenteur les événements marqués d'une violence sourde ou palpable, voire infernale, au fil du déroulement des faits.
C'est une très belle écriture, qui vous laisse marqué d'images, de sensations, de lieux, d'êtres (ici des adolescents dont on saisit la complexité psychique), de faits, de façon indélébile.

Table Ronde

4,00
par (Libraire)
2 janvier 2021

Une gourmandise !

Un tout petit ouvrage, à s'en lécher les babines.
Toute une vie, vouée au plaisir des sens.
Toute une vie qui s'esquisse d'images gourmandes, de petits plaisirs mais y en a-t-il de petits ?
Une femme, de l'enfance jusque vieillissante, en passant par l'adolescence et l'âge de plénitude adulte, mène une vie régie par la logique semblant innée chez elle, tellement naturelle, à se faire plaisir, autant qu'à en donner.
Une prose poétique, qui met en suspens dans votre esprit, des images savoureuses.

La quatrième de couverture, donne à lire ces quelques mots : " Une langue sur la dernière coulure de caramel dans un pot vide."