Annesophie B.

https://www.instagram.com/annesophiebooks/?hl=fr

chroniqueuse littéraire à temps complet.

Je ne suis pas encore morte
20,00
29 avril 2021

Histoire d'une survivante.

Qu’il est délicat de chroniquer une telle lecture.
Parce qu’il ne s’agit pas d’une fiction, mais bien de l’histoire de Lacy M. Johnson. Chaque lecteur percevra et vivra donc cette lecture en fonction de son vécu personnel, et, également, de son état d’esprit à l’instant T.

Un récit romancé, sans romance, sans nuance, sans fioriture.
Juste son histoire. Les faits tels qu’ils se sont déroulés.
Un écrit à l’état brut.

La poésie du texte est précisément dans l’absence totale d’intention d’enjoliver ou, au contraire, de noircir les faits.
Elle se raconte, elle nous raconte, sans chercher à avoir notre aval, ni, surtout, notre pitié.
Ça s’est passé. Elle l’a vécu. Elle le dit, sans essayer d’amoindrir le choc ou d’appuyer sur le rendu.
Ses mots à elle, posés sur ses douleurs propres.
Ses mots sur ses maux...

Exercice cathartique ? Peut-être.
Le meilleur moyen de sortir de l’enfer n’est-il pas d’en ouvrir les portes en grand ?
L’offrir à tous, pour s’en libérer soi-même.
Mais sans jamais se victimiser.

Attention, victime, elle l’a été, le sera toujours un peu, par conséquent.
Mais de pitié ou de compassion, elle n’en réclame aucune.
D’où, peut-être, ce langage presque brutal, ces énoncés parfois cliniques. Il est difficile de mettre de la distance avec nos douleurs, les raconter c’est déjà beaucoup. Si en plus il faut les triturer dans tous les sens pour qu’elles soient moins effrayantes, elles n’en sortiraient que plus lancinantes encore.
Montrer l’hématome, mais sans appuyer dessus.

Raconter la blessure, c’est toujours la revivre un peu. Mais parfois ça peut aussi aider à en calmer la brûlure.
Je ne suis pas encore morte est le récit d’une souffrance physique et psychologique intense, infligée par l’autre.
Comme trop de victimes en subissent chaque jour.
Alors il est nécessaire d’en parler, pour les expurger, pour les faire connaître, pour alerter sur leur existence.
Tout mettre en mots pour toutes celles qui ne le peuvent pas.
Ou qui ne le peuvent plus...

Lire ce livre c’est comme écouter l’auteure. C’est se placer face à elle, prendre ses douleurs et ses cicatrices comme elles viennent.
L’écouter elle, pour les entendre toutes.
Parce qu’il le faut.

La forêt des disparus
19,90
29 avril 2021

Thriller pur jus.

Rien de tel qu’une balade en forêt pour s’oxygéner, se changer les idées... et accessoirement se faire assassiner si vous avez eu le malheur de choisir celle de Redwoods !
Si vous pensez avoir tout lu sur ce sujet c’est que vous ne connaissez pas encore Olivier Bal.
Et qu’il vous faut découvrir La Forêt des Disparus.

Rassurez-vous, nul besoin d’avoir lu L’Affaire Clara Miller pour savourer ce nouveau titre.

Redwoods est la petite ville américaine typique. Isolée des immenses cités urbaines, elle est essentiellement peuplée par les descendants des premiers colons à s’y être installés.
Bordée par ses plages d’un côté, et son immense forêt de l’autre, c’est presque une image d’Epinal.
D’ailleurs, comme dans celle-ci, cette petite ville à l’allure presque parfaite cache une réalité bien différente.
Comme tous ces touristes qui disparaissent dans sa forêt sans laisser la moindre trace...

Le jour où la jeune Charlie vient se réfugier chez Paul Green, l’ancien journaliste comprend qu’il va devoir creuser les sombres secrets de la ville et de ses natifs.
Lui qui s’était installé ici pour retrouver une vie paisible va devoir faire face à des horreurs bien plus terribles que toutes celles qu’il a déjà croisées.
Car la forêt a ses secrets, tout comme les habitants ont les leurs.

Olivier Bal s’amuse avec nos peurs les plus profondes, celles qui remontent à l’enfance, où le conte était la mise en garde que nos parents nous offraient avant de dormir.
Une forêt multicentenaire, un village abandonné, une ville aux étranges coutumes, des habitants taiseux et des disparitions inquiétantes, voilà les ingrédients de ce thriller efficace et imagé qui vous embarquera dans une lecture effrénée.
Le style de l’auteur est toujours aussi efficace, et le rythme, lui, totalement addictif.
Certaines scènes vous donneront sûrement la chair de poule, et ça tombe puisque c’est le but recherché !

Si l’énigme a toute sa place, c’est surtout l’atmosphère qui m’a le plus marquée.
Bien que j’aie préféré l’intrigue de Clara Miller, c’est clairement l’ambiance de la Forêt des Disparus qui me restera le plus longtemps en mémoire.
Un thriller à découvrir. Frissons garantis !!

29 avril 2021

Une belle découverte.

Les histoires d’amitiés marchent souvent très bien en littérature.
Pour autant, si j’en apprécie certaines, j’ai rarement un coup de cœur aussi grand qu’avec celui-ci.
D’ailleurs, est-ce le terme exact ? Je n’en suis pas certaine. Les émotions ont été si variées durant cette lecture que je crois que ça va au-delà de ça.

Il faut savoir que je ne pleure jamais en lisant un roman. Aussi triste ou terrible soit-il, qu’il s’agisse de tragédie ou de thriller, mes yeux restent secs.
Une fiction est une fiction, et il y a bien d’assez d’horreurs dans le monde pour que je n’aie pas besoin de liquider un paquet de kleenex à chaque lecture un tant soit peu profonde.
Et pourtant, à mon grand étonnement (et, croyez-moi, il était très grand !), les larmes ont coulé en continu durant les 50 dernières pages de La Route des Lucioles...

N’allez pas croire que ce roman est triste, il est même tout le contraire.
J’ai beaucoup aimé faire la connaissance de Tully et de Kate.
J’ai adoré les suivrez durant les décennies qui ont suivi leur rencontre, les voir grandir, évoluer, faire des choix, se tromper, se relever, se relancer, se soutenir, se déchirer, se chamailler, se bouder, se retrouver, se manquer...

J’ai particulièrement apprécié toutes les références musicales qui jalonnent le livre, des musiques connues de tous, même si nous sommes nés vingt ans plus tard que nos deux amies.
J’ai ri des nombreux traits d’humour parsemés au fil des pages.
J’ai été attendrie par la douceur de Kate, tout autant que j’ai été agacée par l’égoïsme de Tully.

Rien ne manque à ce roman. Tout y est pour que chaque lecteur puisse se retrouver, à un moment ou à un autre, à la place d’une des deux protagonistes, réveillant chez chacun des souvenirs d’enfance, d’adolescence, ou même des sensations beaucoup plus récentes.
Mais les 50 dernières pages ?!
En refermant La Route des Lucioles, je me suis demandé si Kristin Hannah aurait dû faire prendre une autre voie à son récit, mais en fait non !
Non parce que ça conclue en beauté un roman qui génère quantité d’émotions durant ses 490 pages.

Un roman à découvrir et à lire sans hésitation, pour retrouver un peu de ce que nous avons été, un jour.

Inconditionnelles

Marlène Charine

Éditions de l'épée

29 avril 2021

Tout simplement excellent.

Un excellent thriller qui secoue son lecteur.
Trois petites filles arrachées des griffes d’un prédateur.
Trois mères prêtes à tout pour leur enfant.
Une flic écorchée vive par la vie.
Inconditionnelles est une lecture qui vous scotchera à votre canapé jusqu’à son ultime page.

Parce que le seul sentiment qui puisse égaler l’amour que l’on porte à son enfant, c’est la haine que l’on ressent pour son tortionnaire.
Et si l’on est certain que celui-ci n’a pas payé le prix, alors tout devient possible à un parent qui veut lui faire régler cette dette.

Le précédent titre de Marlène Charine m’avait énormément plu. Il s’en dégageait déjà ce sentiment d’urgence qui pousse à tourner fébrilement les pages.
Ce sentiment a été multiplié par dix avec Inconditionnelles. Exacerbé à l’extrême.
Et j’ai adoré ça.

Comment l’auteure parvient-elle à imaginer de telles intrigues ?
Comment sa plume peut-elle contenir assez de talent pour nous les faire ressentir jusqu’au plus profond de nous ?
Je suppose qu’il y a quantité de réponses possibles à ces questions, mais quelles qu’elles soient, le résultat est là, dans ce terrible et superbe thriller.
Aussi ensorcelant que poignant.

Garance, Cora et Blandine, trois mamans radicalement différentes, mais unies par un même sentiment : le besoin de justice pour la chair de leur chair.
Romane, Mélie et Sam, trois petites filles, réunies par l’horreur dont seul l’humain est capable.
Silke, une femme flic aussi forte que brisée, aussi droite que déboussolée.
Et un Marquis insaisissable.

Avec une alternance passé/présent qui cadence parfaitement le roman, l’auteure nous propose un thriller qui va très longtemps faire parler de lui. Ajoutez à cela :
- Un rythme excellent, haletant, dès la première page.
- Une trame impeccable et implacable.
- Des personnages forts, marquants, vibrants.
- Et, pour assembler tout cela, une plume brûlante et brillante.
Inconditionnelles est un coup de poing dans l’estomac, mais pas seulement.
C’est surtout une lente et profonde griffure au cœur et à l’âme, une secousse émotionnelle qui laissera sa marque, immanquablement.

Renversant, bouleversant et addictif : Inconditionnelles est LE thriller à lire !

Disparues

Sonatine éditions

22,00
29 avril 2021

Bon thriller.

Certains auteurs sont particulièrement doués pour écrire du thriller psychologique.
Si ce genre a tendance à être un peu le « fourre-tout » du thriller, des plumes comme celle de SJ Watson permettent de lui redonner ses lettres de noblesse.
Avec Disparues, l’auteur va encore plus loin que d’habitude dans l’exploration des méandres de la mémoire traumatique.
Et il fait ça très bien.

De plus, il parvient à créer une intrigue non seulement efficace mais également terriblement visuelle. Chaque personnage, lieu ou situation apparaît dans l’esprit du lecteur comme s’il lui était projeté sur un écran. Ce qui facilite d’autant plus l’immersion dans l’histoire.
Si « Avant d’aller Dormir » avait bénéficié d’une adaptation tout à fait réussie, il y a fort à parier que « Disparues » parviendra sans mal à faire encore mieux.

L’alternance passé/présent est comme toujours très bien organisée, et les extraits de journaux intimes et de dossiers médicaux amènent un vrai plus à la construction de la trame.
Les twists sont nombreux, bien ficelés, et même si j’avais deviné dès le milieu du roman l’une des grandes révélations finales, d’autres m’ont réellement prise au dépourvu.

Le style est direct, typiquement british, et le rythme très bien soutenu.
Les protagonistes, torturés à souhait, vous feront partir dans un sens, puis un autre, sans possibilité de reprendre votre souffle.
Les thèmes abordés sont forts : violences (physique et mentale), emprise, mal-être adolescent (mais pas que...), addictions, liens familiaux dysfonctionnels, culpabilité, manipulations et, bien évidemment, leurs conséquences psychologiques sur les personnages concernés.

A titre personnel, j’aurais peut-être préféré qu’il soit un peu moins long (sûrement à cause du fait que j’en avais deviné une partie), mais on ne s’ennuie durant aucune des 444 pages de ce titre.

En bref un thriller qui fait très bien son job et qui ravira les addicts du genre.
En attendant une très probable adaptation plus que prometteuse, je vous recommande donc ce nouveau titre qui souligne une fois encore le talent de SJ Watson.